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« Dès le début de mon arrivée à Tibhirine, je me suis réjoui de voir cette petite communauté vivre chaleureusement au milieu d’autres croyants, leur étant solidaire et reconnaissant en eux les enfants d’un même père ».

Paul Favre-Miville, qui deviendra « Frère Paul », est né le 17 avril 1939 à Vinzier (Haute-Savoie). Il est le troisième enfant d’une fratrie de quatre.

Jusqu’à son départ en 1984 à l’abbaye de Tamié (Savoie), il vit dans le petit village de Bonnevaux, dans la vallée d’Abondance, où résident ses parents. Dans ce village de moyenne montagne les gens pratiquent l’agriculture, l’artisanat ou le petit commerce.

Son père exerce en tant que maréchal-ferrant et forgeron. Sa mère assume l’activité familiale ouverte au début du siècle : bistrot, débit de tabac, restaurant ouvrier à certaines périodes. C’était un endroit de rencontres, d’échanges, de convivialité. Ses parents lui ont transmis rigueur, sens des responsabilités, esprit critique et aussi la joie de vivre et la douceur.

Bon élève, Paul obtient en 1954 un brevet élémentaire préparé au Collège Jean-Jacques Rousseau à Thonon-les-bains. Il aurait souhaité poursuivre des études, mais il se trouve contraint d’entrer dans la vie active et vient soutenir son père à la forge de 1954 à 1959. Puis il part faire son service militaire en Algérie où il sera sous-lieutenant dans une unité parachutiste. A son retour, il se forme en tant que plombier-chauffagiste et s’établit à son compte dans l’atelier paternel.

Dans son village natal, à Tamié ou à Tibhirine plus tard, les qualités de son travail sont toujours appréciées. Quoiqu’il entreprenne, Paul se montre constructif et déterminé. Derrière une certaine discrétion, il transmet sa bonne humeur à travers l’humour dont il déborde largement.

Homme d’action, sa vie est marquée par le service aux autres. Au sein de sa famille, il est toujours un fils ou un frère solidaire. Dans son village, Paul s’engage dans diverses activités de la vie civile ou associative. Conseiller municipal et adjoint au maire entre 1965 et 1984, il n’hésite pas, passé la trentaine, à apprendre à faire du ski au moment où il est nommé délégué du syndicat intercommunal de la station de ski naissante. A Bonnevaux, il est aussi pompier volontaire durant vingt ans, contribue aux collectes des donneurs de sang ; est membre de la chorale paroissiale. Il se rendra plusieurs années à Lourdes en tant que bénévole à la Cité St Pierre.

Elevé dans une famille chrétienne, il approfondit sa foi de diverses façons : il est membre de la JAC (jeunesse agricole catholique) ; participe à des conférences ; se rend en pèlerinages à Lourdes, Rome, Jérusalem ou Tamanrasset. Sa recherche spirituelle devient plus soutenue à partir des années 80. Il part alors en retraite dans des monastères en Suisse ou en Savoie. C’est à 45 ans qu’il effectue son noviciat à l’abbaye de Tamié. Il s’intègre rapidement dans cette communauté où il mûrit sa foi dans une ambiance fraternelle. Ayant vécu dans un milieu montagnard rude, il n’a pas de difficultés à s’adapter à ses nouvelles conditions de vie.

Répondant à l’appel lancé au sein des communautés trappistes pour agrandir Notre Dame de l’Atlas, il part en Algérie en 1989. Ce pays, il le connait déjà, pour y avoir effectué son service militaire à l’âge de 20 ans. Les évènements douloureux de cette période le lient déjà à ce pays. Lors de ses vœux définitifs, à Tibhirine, le 20 août 1991, Paul dira :

« J’ai connu et aimé ce pays dans lequel vit la communauté de Notre Dame de l’Atlas dans les circonstances douloureuses de la guerre d’indépendance et j’ai désiré y revenir ».

Il cherche et trouvera là, parmi ses frères et les villageois, ce à quoi il aspire : une vie simple, utile, solidaire et dans l’ouverture spirituelle.

Malgré l’éloignement, il conservera des liens proches avec sa famille. Dans ses lettres transparaissent son espérance en Dieu, son désir de paix, d’amour et aussi les préoccupations quotidiennes d’une communauté, monastique ou villageoise. Sa manière à lui de nous dire que sa foi s’enracine dans l’expérience du quotidien.