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Frère Célestin PDF Imprimer Envoyer

 

  Frère Célestin Ringeard moine de N. D. de l’Atlas à Tibhirine

 

 

                ..."Les liens humains sont quelque chose d'unique, voire de divin, et cela nous y croyons depuis la venue historique de Dieu sur notre terre, en Jésus de Nazareth ! INOUÏE cette Foi qui est nôtre, et qui pourtant doit mystérieusement rester "ouverte" à nos frères humains musulmans [terroristes ou non], bouddhistes, incroyants, ou athées convaincus ! … 

                Mais je sais que je re-dis cela à des personnes qui personnellement ont fait déjà un long chemin vers ce Dieu unique et saint qui nous attire à lui au jour le jour, au Grand JOUR de la rencontre avec lui, par ce doux frère aîné qu'est Jésus entré le premier dans ce Temple merveilleux et éternel …"  

                (extrait d’une lettre à deux amis, du 13 mars 1994 [après la “visite de Noël 1993 !])

 

Enfance et jeunesse (1933 – 1945)

Le Frère Célestin Ringeard est né le 29 juillet 1933 dans la commune et paroisse de Touvois en Loire-Atlantique (44).

Les circonstances de sa naissance furent difficiles ; en effet, une tuberculose avait été décelée six mois plus tôt chez son père, qui s’appelait lui-même Célestin. Et le décès du père intervint le 8 septembre suivant, tout juste six semaines après la naissance.

Pour prévenir tout risque de contagion, le nouveau né, ainsi que son frère Michel, qui avait alors 3 ans, durent quitter leur mère, Marie (née Boucard) qui vécut douloureusement cette séparation mais put garder sa fille aînée, Madeleine (aujourd’hui décédée), qui avait alors 5 ans. Célestin fut mis en nourrice chez une femme simple, Bertine, qui s’était spontanément proposée et vis à vis de laquelle Célestin garda toujours beaucoup d’affection, jusqu’à ce qu’il puisse revenir près de sa mère.

 

Autant d’événements qui resteront en filigrane dans la vie de Célestin :

d’une part, la vénération qu’il garda envers son père qu’il n’avait pas connu mais dont sa mère lui avait beaucoup parlé ; également, l’attachement très fort pour sa mère (et sa sœur qui vécut presque toujours avec elle) ; et, plus généralement, une très grande sensibilité aux personnes, quelles qu’elles soient, mais surtout les personnes défavorisées ou marginales ;

enfin, il gardera une attention très particulière à la date du 8 septembre. Il notera plus tard que le 8 septembre 1933 était justement le jour où, autour du P. René Voillaume, s’engageaient les premiers “Petits Frères” dits du P. de Foucauld ! C’est le 8 septembre 1983 que F. Célestin entrera au noviciat de Bellefontaine, de même qu’en 1985 il fera ce jour-là sa profession temporaire, et qu’en 1988, parvenu à Tibhirine, il fera sa promesse de stabilité à l’Atlas, n’acceptant qu’à regret d’y faire profession définitive le 30 avril 1989, jour de la fête de N. D. d’Afrique !

 

Formation : Ecole, Séminaire et Service militaire (1945 – 1960)

D’abord, c’est la scolarité normale à l’école de Touvois jusqu’à l’âge de 12 ans où il décide de s’orienter vers le sacerdoce.

Commence  alors le temps du “Petit Séminaire” (études secondaires) : dans un premier temps à Legé (non loin de Touvois) de 1945 à 1949, puis à Rezé (près de Nantes) de 1949 à 1953 jusqu’au baccalauréat, se contentant du “niveau” sans le “diplôme”. D’octobre 1953 à avril 1957, ce sont les 4 premières années de “Grand Séminaire” (formation spécifique pour la vie sacerdotale) à Nantes ; la 5ième année s'effectuera d'octobre 1959 à Noël 1960 après les années de service militaire avec séjour en Algérie. Et c’est le 17 décembre 1960 qu’il est ordonné prêtre.

La période significative de ces années est précisément celle du service militaire (1957 – 1959) que Célestin va vivre presque totalement en Algérie, sauf les 4 premiers mois à Rennes (mai – septembre) pour y faire ses “classes”. A la mi-septembre 1957, il débarque à Oran et rejoint le 8ème R.I.M., basé à Saïda, où il est versé le 16 janvier suivant au service de santé.

Dès février 1958, à la suite d’un accrochage qui avait fait plusieurs morts, côté français, un officier de renseignements du F. L. N., Si Ahmed Hallouz, fut blessé et pris dans une cache avec armes, matériel de santé, etc. Célestin, avec un autre infirmier ami, demanda que Si Hallouz soit hébergé à l’infirmerie de la Compagnie plutôt qu’en prison, ce qui, en fait, sauva la vie de l’officier.

26 ans plus tard, le 6 mars 1984, le fils de cet officier téléphonera à Célestin alors entré à Bellefontaine ; et ce dernier y reconnaîtra très vite un signe du Seigneur à partir pour l’Algérie ! Il le raconte lui-même à des amis, avec des détails inconnus par ailleurs, au moment où il va quitter Bellefontaine pour Tibhirine :

“Une nouvelle presque aussi forte que mon entrée à Bellefontaine, le 5 mars 1983… mon “départ” samedi prochain 13 septembre (1986) en Algérie !

Deux petits mois vécus ici : mars-avril 84, ont suffi à Dieu pour me flécher – sans fausses pistes ! – cette direction ! Parmi ces signes bien visibles, je vous partage celui qui à mes yeux est plus merveilleux qu’un miracle :

Le 6 mars 84, me téléphone ici le fils aîné de ce sous lieutenant du F.L.N., algérien-kabyle, que je rencontrais en 58 à Saïda (Oranie) au cours d’une terrible opération militaire, grièvement blessé… J’apprends qu’après sa libération de la prison d’Oran, le 20 avril 1962, il est venu 3 fois en France pour me retrouver, sans y parvenir ! Son fils poursuit ses recherches, et tombe pile sur moi dans… une abbaye ! comme si Dieu attendait ma présence en tel lieu pour nos retrouvailles ! …

Tout pour réveiller en moi un 1er appel en 61, au cours de ma retraite d’entrée à la Fraternité jesus caritas du Frère Charles de Foucauld. Mais à ce moment, je me débattais de mon mieux, m’adressant à Dieu en ces termes : “Tu t’y prends mal ; je n’ai pas de santé ! et surtout : je ne vois vraiment pas quel mode de présence avoir dans ce monde maghrébin ! On verra ça plus tard ! J’ai d’abord à être proche des nombreux mal-aimés tout autour de moi ! …  Je ne croyais pas, en 61, que Dieu me prendrait aux mots 25 ans plus tard ! Et vous me comprenez, puisque vous savez ce qu’a été ma vie pendant ces 25 années !”

En posant le pied sur la terre d’Algérie, je demanderai à Notre Dame de me donner la force d’y vivre le reste de ma vie, jusqu’à mon dernier souffle ! . ce moment est pour moi une véritable “re-naissance” (à 53 ans !) ; je suis un “tout-petit” qui ne sait pas parler qui ne sait ni parler ni écrire ! J’ai tout à apprendre, à accueillir !…  (de F. Célestin, le 6/09/86)

 

Ministère pastoral en paroisse (1961 – 1975)

Après une année en monde scolaire à Legé (Petit Séminaire), tâche pour laquelle il ne se sent guère fait, et une année comme vicaire à Saint-Herblain où, mal compris, il vit des moments difficiles physiquement et moralement, il va pouvoir donner sa mesure à la paroisse St Dominique, au nord de Nantes, où il est mis en confiance et soutenu dans son apostolat par son curé, le P. Armand Clouet. Ce dernier (cité [A.C.]) a raconté en 1996, après la mort des frères, ce qu’il avait vu Célestin vivre déjà comme vicaire, et, plus intensément encore, ensuite :

“Très vite (à Saint Dominique), Célestin en vint à prendre contact avec une frange de la population du quartier qui ne fréquentait pas l’Eglise, qui en était loin ou dont l’Eglise était loin comme vous voudrez, et qui était marquée par la pauvreté matérielle due au chômage (déjà !) et à l’alcoolisme. C’était essentiellement, mais pas uniquement, la cité des baraquements du « Chêne-des-Anglais ». J’ai noté que les premiers contacts se firent à l’occasion du catéchisme …

“Je peux témoigner qu’il mena progressivement une vie harassante, parcourant des quartiers… sur son vélomoteur ou au volant de sa 2 CV. Sa « paroisse » s’agrandissait au fur et à mesure qu’il découvrait, par ses innombrables contacts, de nouvelles souffrances causées par l’alcool, la prostitution ou la délinquance. A tel point que, dans les années 70, les jours ne furent plus assez longs et les démarches pour écouter, exhorter, convaincre, empiétèrent de plus en plus sur les nuits … ” [A.C.]

 

En proximité des plus pauvres et des marginaux (1975 – 1983)

Une difficulté éprouvée dans le travail pastoral à collaborer avec un autre prêtre de l’équipe amena Célestin et son curé à prendre une position qui rendit inévitable leur départ de la paroisse St Dominique, comme le raconte encore Armand Clouet :

“En mai 1975, vint le moment douloureux de l’éclatement de l’équipe et de la séparation. Célestin aimait trop le quartier pour s’en éloigner. Il obtint un logement HLM (18, rue André Chénier), un F2 qui faisait partie des 170 qui avaient été construits pour reloger les petites gens de la rue du Marchix. Je signale entre parenthèses, mais ce n’est pas sans importance, qu’il logeait non loin de sa mère et de sa sœur, qui après plus de trois années passées à notre service au presbytère (à partir d’avril 66), avaient elles aussi choisi d’habiter un logement HLM.” [A.C.]

 

Et il va lui falloir se trouver un moyen de subsistance :

“Les années qui suivirent, furent très dures pour Célestin. N’ayant plus de statut officiel et, de ce fait, plus de ressources, vivant dans la solitude ; car dans les « coups durs » - une expression bien à lui ! – les solidarités ecclésiastiques et sacerdotales ne sont pas toujours au rendez-vous. Grâce à l’appui d’hommes au grand cœur (tel Stéphane Jost), il obtint le statut d’éducateur de rues, et ensuite, celui d’animateur de Centre Social pour sortants de prison. Jusqu’en 1983, il mena conjointement ses tâches d’animateur, qui lui permettaient de vivre – pauvrement – et de Militant de Vie Libre, pour le relèvement de ceux et celles que l’alcool, la prostitution ou la délinquance avaient démolis.” [A.C.]

 

Mais il s’agit toujours de faire grandir et se reconstruire ces personnes en difficultés :

“J’ai prononcé le mot « convaincre », car son ministère avait ceci de particulier, qu’il fallait convaincre les personnes qui l’appelaient … de la nécessité de se soigner. Cela dura presque 20 ans, en paroisse, puis hors paroisse. Malgré son allure fragile, il fallait qu’il soit solide physiquement. Il s’était rendu solide aussi par la passion qui l’animait, par l’amour passionné qu’il avait pour ces hommes et ces femmes auxquels il s’attachait par toute la force de sa sensibilité, car ce n’était pas un cérébral : il pensait et agissait avec son cœur.” [A.C.]

 

Dans ces moments difficiles de mai 1975, la Fraternité jesus caritas, à laquelle il n’a cessé d’adhérer, a été pour lui un soutien capital dont il faut souligner l’importance décisive ; mais une autre aide spirituelle va lui être suggérée lors de la nuit du 3 mars 1976 : se tourner vers l’abbaye de Bellefontaine, sinon pour de bon, du moins pour des visites et retraites au sein de la communauté : il n’en fera pas moins de 22 entre mai 76 et le 5 mars 1983, date du dernier stage prévu (de 6 mois) ; en réalité ce sera la véritable date de son entrée à Bellefontaine qu’il ne quittera plus que pour N. D. de l’Atlas !

 

Vie et premiers engagements à Bellefontaine (1983 – 1986)

Entré le 5 mars 83, c’est le 19 juillet que Célestin fait sa demande officielle d’entrée et le 8 septembre qu’il commencera le “noviciat” prenant l’habit de la communauté. Le temps de formation du noviciat étant de 2 ans, c’est le 8 septembre 1985 que F. Célestin fera son premier engagement, encore provisoire.

Mais on se souvient qu’en avril 1984, le 4 exactement, Frère Célestin avait exprimé l’appel ressenti à partir pour Notre Dame de l’Atlas. Etant donné sa position de “novice“ (non encore engagé dans la communauté), rien ne sera alors dit de cet appel, et ceci, alors que 2 autres frères du même noviciat, les Frères Michel et Bruno, avaient dit, eux aussi, les 3 et 6 avril 1984, avoir reçu ce même appel pour Notre Dame de l'Atlas (sans concertation entre eux trois), et que ces 2 autres frères, ayant déjà fait un premier engagement, vont de fait rejoindre Tibhirine les 28-29 août suivants. C'est seulement le 8 mai 1986 que sera rendu public l'appel ressenti par Frère Célestin et son départ.

 

Départ pour N. D. de l’Atlas et vie à l’Atlas (1986 – 1996)

C’est le 13 septembre 1986 que partira Frère Célestin, accompagné de Frère Michel qui est venu visiter sa maman, après son engagement définitif à l’Atlas, le 28 août précédent. A l’aéroport d’Alger, moment fort de retrouvailles de Si Ahmed Hallouz, après 28 ans !

Le 8 septembre 1988, F. Célestin qui avait pris un engagement de 3 ans à Bellefontaine, le renouvelle à l’Atlas pour le temps nécessaire jusqu’à la date prévue pour son engagement définitif : le 30 avril 1989, fête de Notre Dame d’Afrique ! Mais, déjà, il est autorisé à fixer sa stabilité dans la communauté de Tibhirine.

Avant la profession, fin novembre 1988 (du 15 au 25), F. Célestin vient voir sa mère dont la santé décline de manière inquiétante ; c’est une fois lui revenu à l’Atlas qu’elle accomplit son « passage », le 1er décembre “comme le P. de Foucauld”, note F. Célestin qui voit là une sorte de grâce !

Décembre 1991 et 5 mars 1993 : deux avertissements cardiaques pour F. Célestin bien pris en charge sur place, à Médéa, par une cardiologue de Médéa.

Il n’est donc pas étonnant que la “visite de la veille de Noël 93” vécue avec une grande intensité par F. Célestin , ait créé pour lui un “choc” et laissé des traces même physiques qui se solderont par un grave accident cardiaque, une fois revenu en France à partir du 7 janvier 1994. Il devra subir à Nantes, en urgence le 10 février, 6 pontages cardiaques.

Mais peu à peu tout rentre dans l’ordre : à Pâques le 3 avril, il est de retour à Bellefontaine ; le 5 mars, il a eu la visite de P. Christian de Chergé et le 16 mai suivant, il aura celle de F. Christophe... Enfin, il repart à la mi-septembre pour l’Atlas.

Pour lui, spécialement, les 2 années à venir seront physiquement, moralement et surtout nerveusement difficiles ; assez vite, à son retour, le 11 octobre, il est déchargé de la responsabilité du chant à l’office, ce qui lui coûte beaucoup. Dans l’hiver, sa santé reste fragile (mauvaise grippe).

Du 12 janvier au 27 mars 1995, il est à Fès où il se trouve heureux et aide les 4 frères pour le chant à l’office. Mais au retour, “les nerfs prennent le dessus” : insomnies, érésipèle à la jambe gauche, phlébite à la droite, se succèdent dans le courant de 1995.

Début 1996 pourtant, P. Christian écrit : “Célestin a trouvé un équilibre que j’admire” ; et, à la fin de la retraite guidée par le P. Bernard Rérolle, F. Célestin lui-même écrit :

“Quelle joie d’être à l’écoute du Père B. R.…, nous faisant entendre ce que le Christ nous dit : « Lève-toi, mets-toi en marche, fais les œuvres du Père. »… Mystère de notre propre don à l’intérieur de Son don.”   (carte écrite au nom des frères par F. Célestin, le 29 février 1996).

 

Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, un hôte (T. B.), membre du Ribât, logeant dans une chambre séparée par une simple porte, des cellules des frères, a raconté ce qu’il a vécu en cette nuit :

“D. P., prêtre, membre de notre Ribât, me réveille en disant : « Il se passe quelque chose d’anormal chez les pères. » Je me lève en sursaut et je sors dans le couloir. Nous dormions, J. J., un autre prêtre, lui et moi, dans les chambres d’hôte du bâtiment monastique, séparées par une porte des chambres des moines.

J’entends en effet un remuement de tables, de chaises, pas de voix, seulement des rouspétances qui me semblent être de Célestin : je pense alors qu’il est malade et qu’on veut le descendre auprès de Frère Luc, puis je pense qu’il est impossible de le transporter de nuit à l’hôpital.

D. P. entrouvre la porte de communication avec le couloir des moines et aperçoit M. M. (le gardien), le dos au mur, immobile entre les deux portes, Célestin qui ne bouge pas, une valise dans le couloir.

M. M. finit par s’apercevoir que la porte s’entrouvre et fait signe de la tête de ne pas entrer et de ne pas bouger. Quand D. P. nous rapporte cela, nous comprenons que les « gens de la montagne » sont dans le monastère et je suppose que les moines sont contraints de se rassembler.

D. P. rentrouvre la porte, il n’y a plus qu’une valise dans le couloir.

Puis silence.

D. P. rentrouvre la porte : il n’y a plus de valise… ”

 (extrait de Jusqu’où suivre ? par Dom Bernardo Olivera, Paris 1997, p. 78)

 

Seule nous parviendra ensuite, la voix de F. Célestin, avec celle des autres frères dans la cassette enregistrée par ceux qui les détenaient en otage au soir du 20 avril 1996 ; puis la nouvelle du 23 mai annonçant leur mort, ou plutôt leur « pâque »… !

F. Célestin avait écrit, le lundi saint 28 mars 1994, à P. Edmond, alors maître des novices de Bellefontaine :

“je retrouvais ces jours-ci vos vœux de Noël, inspirés de la magnifique phrase d’Angelus Silésius : « Ah, si mon cœur pouvait devenir une crèche… Dieu passe dans la petitesse de l’Enfant. Abîme !… »

“Cela me guide pour vous offrir à mon image cette humble image, au cœur de la semaine sainte, au plein de Pâques, pour souligner  la condescendance, la profondeur de l’amour infini de Dieu qui, nous les petits, grave notre nom sur la paume de ses grandes mains…    

“Nous sommes les frères de l’Oiseau pascal !

“C’est devenir un peu fou que de comprendre que jamais Il ne nous oubliera ! C’est impossible, depuis qu’Il a à ses côtés son bien-aimé crucifié-glorifié !… ”