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Les homélies de Frère Christophe sont parues dans :
Adorateurs dans le souffle, Homélies pour les fêtes et solennités (1989-1996), Éditions de Bellefontaine, Série "Paroles" n°3, 2009.
Lorsque mon ami me parle, Éditions de Bellefontaine, 2010.
Les homélies de Frère Christian sont parues dans :
L'autre que nous attendons, Homélies de Père Christian de Chergé (1970-1996), Les Cahiers de Tibhirine n°2, Abbaye d'Aiguebelle, 2006.
Les citations bibliques sont mises en italiques.
Les peintures sont de Berna (www.evangile-et-peinture.org)
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au fil liturgie etoile christophe"L'oeuvre du moine c'est l'espérance, l'espérance vivante par la résurrection de Jésus Christ.

Le combat de l'espérance contre toutes les déceptions, les illusions et désillusions. Le service de l'espérance : travailler... pour la Gloire.

L'humilité de l'espérance: une échelle pour les pauvres, une issue de secours par le haut, une voie de salut, dressée, levée, plantée en Signe pascal."

(Frère Christophe, non daté 1985)

au fil liturgie esperance aventL'espérance, c'est un combat

contre ce que nous évoquions tout à l'heure. Tout ce qui vient nous troubler, nous aplatir, nous faire voir les choses en noir, nous faire perdre notre joie, nous accabler, nous boucher l'horizon...cela peut

(méditation proposée par l'Equipe Evangile@Peinture ) être de tous ordres : des problèmes de relation, la maladie, la souffrance, un deuil..La résurrection de Jésus nous dit que tout cela n'aura pas le dernier mot. Notre combat c'est d'opposer à tout cela, la vie du Christ Ressuscité qui nous a donné sa vie pour que nous vivions en plénitude nous dit l'évangéliste saint Jean. Nous ne sommes pas épargnés par les soucis mas nous ne sommes pas écrasés pour autant. Notre espérance peut être cette attention à la vie qui nous permet seconde après seconde de passer la porte étroite, le moment difficile, le tunnel au bout duquel se trouve la lumière.

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au fil liturgie elisabethAlors, vous voyez, Marie se lève, et elle part en toute hâte... elle court, elle court: elle est si folle de joie! Dieu est là! Dieu est la!... Oh ! David qui dansait devant l'Arche, ce n'était rien à côté de Marie! Dieu est là! Dieu est là! Comment pourrait-elle contenir sa joie? Dieu est là! Dieu est là en moi! Oui, c'est en elle que Dieu vient d'être conçu... voilà la joie qui l'emporte, qui la transporte... et il y a de quoi !... Elle est si follement heureuse d'être si follement aimée... et puis, quelle nouveauté ! Oui, c'est vraiment l'impossible qui se réalise : Dieu... Dieu qui vient prendre chair !

Mais pourquoi donc s'en va-t-elle chez sa cousine Elisabeth?... C'est que l'Ange lui a dit que sa vieille cousine, la stérile, elle en est à son sixième mois !... Alors comme le dit saint Ambroise: «Avec l'empressement de sa joie, elle part pour l'accomplissement d'un service». Et c'est vrai qu'elle vient aider Élisabeth pour la fin de sa grossesse. C'est bien Marie ça ! Marie la toute-servante, servante du Seigneur et servante des hommes, parfaite dans sa relation à Dieu - on le voit bien dans le récit de l'Annonciation - et parfaite dans sa relation aux hommes - on le voit aujourd'hui dans cette Visitation... Mais sans trop le savoir, elle vient rendre un service plus profond : elle porte Dieu a sa cousine, et ça aussi c'est bien Marie!... À peine a-t-elle reçu qu'aussitôt elle donne! Elle porte Dieu en elle mais c'est pour le porter au monde... et voici qu'en l'apportant à Elisabeth, elle le donne aussi à Jean-Baptiste qui bondit d'allégresse dans te ventre de sa mère: première rencontre d'une grande amitié... et c'est Marie qui en est la source !

Mais ce n'est pas seulement pour servir quelle vient visiter sa cousine : elle vient aussi pour reconnaître le signe que l'Ange lui a donné : la maternité miraculeuse d'Elisabeth, c'est le signe de sa propre maternité qui commence. Oh ! elle le sait, elle le croit, oh ! oui, heureuse celle qui a cru a la parole! (Lc 1,45), mais Dieu dans sa bonté veut confirmer sa parole par ce signe... et non seulement Marie a la joie de reconnaître la grossesse d'Élisabeth, mais Élisabeth et Jean-Baptiste ont la joie de reconnaître la maternité de Marie... Elle s'entend proclamée Mère du Seigneur... (Lc 1,43). Non seulement elle reconnaît, mais elle est reconnue : une double reconnaissance que les peintres ont su merveilleusement exprimer en représentant les deux femmes mettant leur main sur le ventre l'une de l'autre... la reconnaissance... Ne serait-ce pas le secret de toute cette joie et de toute cette lumière qui émane de cette Visitation?

Reconnaissance qui est bien le fait de toucher, de constater... mais reconnaissance, c'est aussi la gratitude, l'action de grâce, ce merci qui nous envahit devant le Don de Dieu... Magnificat ! Magnificat ! (Lc 1,46).

Et puis c'est encore autre chose: dans «reconnaissance», il y a «naissance», et vivre la reconnaissance, c'est alors naître à une nouvelle relation à l'autre par communion profonde... Et Marie est aussi en train de vivre cette troisième forme de reconnaissance: maintenant que Dieu est là, oui personnellement là dans son sein maternel, elle entre dans une nouvelle étape de sa relation à Dieu et de sa mission... Comme toute femme enceinte, elle se rend attentive à l'enfant qui grandit en elle, et elle vit cette transformation d'elle- même que réalise toujours une première maternité... mais comme son enfant c'est Dieu, c'est sa relation à Dieu qui en est transformée... une nouvelle communion, un admirable échange où tandis qu'elle donne chair à son enfant, cet enfant lui donne part à sa divinité... Marie et Jésus s'accueillent et se donnent l'un à l'autre dans un unique mouvement que l'on peut appeler: «l'accueil en offrande». En effet, c'est dans un même mouvement que Marie accueille son fils et s'offre à lui tout en l'offrant au Père, au monde, de même que c'est dans un même mouvement que Jésus en s'offrant a Marie accueille toute l'humanité et nous offre en même temps au Père..

Frères et sœurs, ce mouvement d'accueil en offrande, je pense que c'est le fond profond et dynamique de l'acte de reconnaissance, selon les trois aspects que nous venons d'apercevoir, et qui anime aussi son déploiement missionnaire : car si nous avons vraiment reconnu l'Amour, nous voulons que tous le connaissent, et nous voulons tout faire pour que tous puissent le reconnaître !

Car cette joie, cette joie de Marie, cette joie de la reconnaissance... elle est pour nous, elle est pour tous !... Aujourd'hui, elle est encore secrète dans l'intimité de cette Visitation, mais demain, dans quelques jours, c'est Noël !... Nous allons voir le visage de l'Enfant !... Un visage offert a tous !... à Joseph et à Marie, aux bergers, aux mages, et à la foule du Temple de Jérusalem... pour que tous reconnaissent, pour que tous deviennent RECONNAISSANCE!

Je pense à une merveilleuse Nativité, d'un peintre hollandais, prati­quement inconnu, où l'enfant est tout rayonnant de lumière... c'est un petit Transfiguré!... et Marie, auprès de lui, est toute illuminée par cette lumière... Ce n'est pas une représentation réaliste, c'est une vision spirituelle, c'est la représentation de la contemplation de Marie, c'est vraiment la représentation de la reconnaissance de Marie... qui reconnaît Dieu dans son enfant, qui demeure dans l'adoration, et qui se laisse transfigurer par sa Présence... ça, frères et sœurs, c'est vraiment Noël... la fête de la reconnaissance !

Frère Christophe, Homélie pour 4e Dimanche de l'Avent C, 18 décembre 1994,
parue dans Lorsque mon ami me parle, Éditions de Bellefontaine,2010,  p. 108-110

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au fil liturgie avent 1Ah, si tu déchirais les cieux, si tu descendais… (Is 63,19) […]

Tu es notre Père ! Viens renouveler l’Alliance de l’argile et de l’eau vive. […]

« Ce monde qui tout entier est nuit », disait la tradition juive. […]

Parce que le monde est nuit, la tentation est d’y passer en dormant, de supprimer le voyage, de ne plus croire à l’œuvre, à la lumière. Perpétuellement, le Peuple de Dieu est invité au départ, à l’exode, au voyage. Et cet appel est une lumière, un feu qui marche devant, la nuit. Cet appel est une Parole, un verbe de Dieu qui est lumière venant en ce monde. […]

La vigilance que Jésus recommande, est-ce en fin de compte d’attendre la mort… On aura passé sa vie à attendre : de grandir, un succès aux examens, de l’avancement, des fins de mois, la retraite… On attend la mort.

Mais à quoi servirait-il de veiller si c’est simplement pour attendre le sommeil ?, et de veiller la nuit, par dessus le marché, c’est à dire quand l’envie vous prend du sommeil !

Jésus […] se présente comme le Jour qui prend la relève de la nuit, la Lumière venant dans les ténèbres. Une nuit, la barque des disciples sera dans la tempête. Jésus vient à la quatrième veille de la nuit. Et tout se calme. Mieux, c’est vraiment de nuit qu’il est né… et pour l’accueillir, il y aura ces bergers qui, la nuit, veillaient nous dit Luc (Lc 2,8). Il vient de nuit, […] comme l’époux, car les noces, c’est la nuit. Mais l’époux appelle un cortège de lumière. Chacune de nos lampes peut continuer à signifier dans la nuit du monde, la certitude du jour, déjà là comme des fiançailles. Quand Jésus meurt, les ténèbres s’étendent. Quand il reviendra, de nuit, il n’y en aura plus.

L’Avent, c’est cette vigilance dans la nuit, ce cri vers le voyageur qui a fréquenté notre exil et partagé notre exode : reviens !

L’Avent, c’est aussi le compagnonnage qui dure dans les silences de la nuit. Un Verbe de lumière nous dit : veillez…et priez ! (Mc 13,37).

Voici que l’étoile du matin s’est déjà levée dans nos cœurs. Vous êtes la lumière du monde !(Mt 5,14).

Frère Christian, extraits de l'homélie pour le 1er Dimanche de l’Avent, 29 novembre 1981