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Frère Christian

Frère Luc

Frère Christophe

Frère Michel

Frère Bruno

Frère Célestin

Frère Paul

presentation nd afriqueDans l’antiquité  [1]. Carthage en est le pôle urbain principal. Une présence chrétienne nombreuse et structurée y est attestée relativement tôt : dès la fin du  IIème siècle. Des personnalités émergent et laissent des traces écrites : Tertullien(150-220), théologien à Carthage est le premier auteur chrétien à écrire en latin, a laissé une œuvre encore connue aujourd’hui. Signe de ce rayonnement et de cette intégration romaine, l’Afrique du Nord donne 3 Papes à l’Eglise : Victor 1er (II e siècle), Miltiade (IVe) et Gelase (Ve).

La présence de communautés chrétiennes en Algérie est attestée dès le IIème siècle, à travers notamment Tertullien. Mais la grande figure de cette Eglise est surtout Saint Augustin (IVe siècle). La présence chrétienne va pour ainsi dire disparaître entre le VIIème et le XIIème siècle. C’est par le truchement de la présence de chrétiens étrangers, principalement des marchands, que le christianisme refait surface en terre algérienne.

Et c’est au XIXème siècle que l’on voit la toute première implantation de moines cisterciens en Algérie, dans les années 1840, à Staouëli, à une trentaine de kilomètres d’Alger. Cette implantation monastique ne dure pas. En 1904, le monastère est fermé. Les moines se réfugient alors en Italie, à Maguzzano. Et c’est une deuxième communauté qui arrive en 1937 et s’installe à une centaine de kilomètres au sud d’Alger près de Médéa. Le domaine agricole de Tibhirine devient l’Abbaye Notre-Dame de l’Atlas.

Durant la guerre d’indépendance, la communauté se trouve « entre deux feux ». En 1959, deux frères (dont F. Luc) sont victimes d’un enlèvement puis relâchés. L’indépendance redessine le visage de l’Eglise d’Algérie qui perd la quasi totalité de ses membres. Quelle présence alors pour Tibhirine, communauté monastique chrétienne en terre d’Algérie ? L’abbé général de l’Ordre cistercien signe le décret de fermeture contre l’avis du cardinal Duval, évêque d’Alger. Son décès empêche la concrétisation de cette mesure.

L’esprit d’ouverture du concile Vatican II souffle. L’Eglise d’Algérie fait entendre sa voix : ‘Si les moines s’en vont, nous ne pouvons pas tenir.’ Le sens d’une présence chrétienne en pays musulman ressurgit, dans la foulée de ce qu’avait pressenti un Charles de Foucault : être priants au milieu d’autres priants. Le monastère (qui perd son rang d’ « abbaye ») repart sur de nouvelles bases. Jusqu’à l’indépendance, en 1962, le domaine était exploité sur plus de 350 hectares. La plus grande partie des terres est cédée à l’état algérien : il reste 14 hectares.

La communauté, disparate, se stabilise peu à peu. Des frères venus simplement « pour aider » une autre Trappe, sont remplacés par d’autres frères, motivés par une vocation commune : être moines en terre d’Islam.

En 1984, frère Christian de Chergé est élu prieur. Sa connaissance de l’arabe et de la culture musulmane, son envergure spirituelle, conduira la communauté à son mûrissement. Un rapport tout différent s’établira avec les villageois d’alentour. Une salle de prière leur est prêtée à l’intérieur même du monastère. L’agriculture est menée en ‘association’ avec trois voisins. Et toujours, le dispensaire du frère Luc accueille ceux qui se présentent…

sens presence tibhirine vierge

Dans les pas de St Bernard de Clairvaux et de sa piété mariale, ce monastère cistercien, commencé à Staouëli et continué à Tibhirine, a donné deux statues de Marie à l’Algérie. Ainsi, à travers Marie et par ces deux dons, signes de leur don ultime, ils continuent à être présents et à accompagner l’Eglise d’Algérie.

Voici les commentaires que fait le Père Jean-Pierre Flachaire, prieur de Notre Dame de l’Atlas à Midelt, le 5 mars 2005, sur ce mystère de la Visitation :

Je voudrais revenir un moment sur cette parole de Christian que je vous ai citée au début de mon partage : Que ce mystère de la Visitation est une fête "quasi patronale" de Notre-Dame de l'Atlas… J'ai fait quelques recherches. Voici ma conclusion. Dans son homélie du 31 mai 1993, Christian précise que c'est "peut-être sous l'inspiration de Frère Charles, que les premiers moines de l'Atlas ont fait de cette fête, une fête "quasi patronale"". En effet, nous savons par de nombreux textes, que c'était déjà une intuition forte du Père de Foucauld. Et, à ma connaissance, l'ermite de Tamanrasset, est le premier à avoir compris que c'est ce "mystère" que nous avons à vivre en terre d'Islam.

Extrait d'une conférence donnée par le Père Abbé d'Aiguebelle, Frère André, à Lyon, le 11 avril 2006 

"Les frères ont souvent réfléchi sur le sens de leur présence priante en terre d'Islam au milieu de ce peuple. C'est dans le mystère de la Visitation de Marie que le Père Christian de Chergé puise le sens de cette présence dans un texte encore inédit qui est inséré dans la retraite prêchée à des Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie au Maroc en 1990 sur ce mystère de la Visitation :

L’Eglise restera en Algérie quoi qu’il arrive. Même si les Français décidaient en conscience de rentrer, l’Eglise ne quitterait pas le pays. Car l’Eglise n’est pas française. Et moi, comme évêque d’une Eglise en Algérie, je reste. Nos sangs sont mêlés dans la violence. Jésus s’est posé sur ces lignes de fractures de l’humanité. Il est mort là. C’est le sens de la croix.
Monseigneur Claverie, évêque d'Oran